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Qu'avez-vous eu à coeur de dire aux hommes de ce temps ?

Tout prêtre lutte contre le mal à sa source en montrant que le pardon de Dieu est offert à chacun et à tous. J'ai eu à coeur de dire à tout homme qu'il est aimé : «Tu as du prix à Mes yeux et Moi Je t'aime» (Isaïe 43,4). Ce que je résumerais ainsi : «Toi qui doutes, toi qui cherches, toi qui es malheureux, toi qui es mal dans ta peau, il y a Quelqu'un qui est là pour te parler, pour te dire qui tu es, pour te ressusciter.» Tout au long de notre vie, Dieu nous propose Son amitié. Quoi que nous fassions, ou ayons fait, Il ne Se décourage jamais de nous.Tant son amour est grand, Il est allé jusqu'à mourir sur une croix pour nous. Pendant les 45 années de mon ministère en tant qu'aumônier de jeunes, je me suis perçu comme un sourcier, révélateur ou accoucheur d'âme. Je n'étais jamais aussi heureux qu'en aidant quelqu'un à naître à lui-même. Saint Exupéry a une très belle formule à ce sujet : «Chacun de nous abrite un Seigneur endormi qu'il importe de libérer de sa gangue. » L'écrivain parle de «Mozart assassiné»,En chaque jeune, il y a un saint ou une sainte
bâillonné ou endormi. Le regard que nous portons sur quelqu'un lui permet parfois de découvrir l'être merveilleux caché en lui ?

Mais ce bel idéal ne s'est-il pas heurté à leur souffrance et à leur détresse ?

Tout au long de ma vie, j'ai été témoin de bien des drames. En, particulier lorsque j'étais aumônier dans un très grand lycée dans les années 1960. J'ai rencontré des révoltés remplis de haine envers la société. J'ai eu très mal devant les nombreux suicides parmi ces adolescents que j'essayais d'aider. Leur drame semblait se résumer à un manque colossal de tendresse. C'était comme s'ils me disaient:
«Personne ne nous a écoutés. On s'est intéressé à notre nourriture, à nos vêtements, à notre scolarité, jamais à notre âme.» Là, j'ai vraiment mesuré mon impuissance. Surmené, affecté par tant de détresses, j'ai connu la dépression. Comment m'en suis-je sorti ? Par des retraites spirituelles. Egalement en retrouvant le bonheur d'écrire. D'où en 1978, mon premier livre : l'avenir est à la tendresse. J'étais semblable à un pin des landes que l'on taille pour qu'il donne sa sève. Ce sont mes blessures qui m'ont fait accoucher d'une oeuvre. Comme l'écrit Aragon : «L'homme crie où son fer le ronge et sa plaie engendre un soleil.»

Pourquoi une telle connivence avec les jeunes ?

Je me suis senti très proche de tous ceux qui cherchent un sens à leur vie. Aujourd'hui encore j'anime pour eux de nombreuses retraites et conférences sur cette question. A toute invitation de cet ordre je répondrai «présent».

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Propos recueillis par Christine Florence
"Telle est ma quête" (Revue Prier février 2008)