L'amour-fusion, l'amour-possession, l'amour-chantage, l'amour-domination, l'amour-caprice, l'amour-vengeance n'ont rien à voir avec l'amour. Que se passe-t-il lorsque tu aimes vraiment un être? Tu souhaites ardemment son épanouissement sa réalisation, son accomplissement. Non seulement tu le souhaites, mais tu t'engages à le promouvoir. Celui qui aime reconnaît qu'il aime vraiment à l'humilité qui s'empare de lui.Il n'a plus envie de jouer un rôle. Il craint de faire de l'ombre à l'être aimé.Il s'efface pour lui faire de la place. Il accepte joyeusement d'avoir tort. Il aime demander pardon. Il ne tient pas l'autre pour responsible de ce qui est à mettre au compte de l'orage, de la fatigue, du manque de sommeil ou de la lune. Je constate qu'il faut huit ans à un homme pour devenir prêtre. Pourquoi ne pas proposer huit jours aux couples qui se préparent au mariage? Je souhaiterais que toute préparation au mariage comporte un entretien psychologique. Quatre ou cinq séances permettraient de faire un "portrait" de la personne et de déceler ses fragilités. C'est là, en effet, que cela va peut-être "casser" . Je constate que la moitié des ruptures aurait pu être évitée si l'on avait su que l'autre avait telle ou telle fragilité. Au début, une faille est un peu comme un tache sur le visage: un amoureux s'en attendrit. Mais si l'amour diminue, cela finit par l'agacer.
Quelles sont à vos yeux les conditions d'une vie à deux épanouie?
Il faut savoir accepter ses limites et se dire que l'autre n'a jamais complètement tort. La vie conjugale est un apprivoisement permanent où l'on ne doit jamais cesser de se demander pardon. Nous sentons parfois en nous cette double attraction: "Il faut pardonner!" dit une petite voix intérieure. "Non, jamais!" entendons-nous en réponse.....Notre vie entière est là en suspens pendant quelques secondes. Si le pouvoir ne nous était pas donné de dire:"Amour, je te préfère", il n'y aurait pas d'amour.
Lorsqu'on aime, on ne vit plus en soi: on vit en l'être aimé. Il faut aussi le reconnaître: le comportement de l'autre correspond rarement à notre attente. La frustration n'est pas loin, qui se transforme en reproches. Que faire de ces reproches? Les taire, c'est courir le risque de les voir s'accumuler et se durcir en griefs. Les dire, c'est courir le risque de les dire mal, ou à un mauvais moment. Il me semble que la vie à deux n'est pas le lieu des reproches. Une connaissance de l'autre s'établit. Les décalages sont mieux acceptés. Les erreurs et les manques se font plus rares. on les dépasse dans une harmonie plus haute. A la lumière des confidences reçues, sublimes ou tragiques, j'aimerais composer une charte destinée aux candidats à l'"aventure" du mariage. Nous pourrions la décliner ainsi: