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La femme est la sentinelle de l'invisible (Jean-Paul II)
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Si on sait la lire, la Bible n’est pas misogyne.
 Elle exalte la femme comme vous ne pouvez pas imaginer. Elle n’est pas puritaine. Le Cantique des Cantiques exalte toutes les splendeurs du corps féminin. Dans le livre des Proverbes, vous pouvez lire :
Celui qui trouve une épouse a trouvé le bonheur. Il a reçu le cadeau de Dieu.” (Pro.18,22)
 “Un champ sans clôture est livré aux sangliers. Un homme sans épouse gémit et part à la dérive” (Ben Sira 36.25)
En profond décalage avec les hommes de son temps Jésus noue avec bien des femmes des relations d’écoute, de tendresse, de compassion, d’émerveillement. Compassion avec la veuve de Naïm, avec celle qui a des pertes de sang, avec la femme adultère, avec la prostituée chez Simon… Tendresse avec Marie sœur de Lazare, avec les mères qui apportent leurs enfants pour qu’il les bénisse… Ecoute et émerveillement avec la samaritaine et la païenne du Liban…
 Je ne parle pas seulement à partir des Ecritures. Je suis prêtre depuis un demi-siècle. J’ai écouté des milliers de jeunes filles, des milliers de femmes. Les femmes étant plus tournées vers les forces de l’esprit que les hommes ; j’ai entendu surtout des confidences de femmes.
Dans les cinq premières années de mon sacerdoce, ne pouvant animer des camps mixtes (les parents ne l’auraient pas accepté), mes camps qui duraient trois semaines étaient soit des camps de filles, soit des camps de garçons. Lorsqu’on me demandait la différence, je répondais : “C’est simple : les filles ne parlent que des garçons, les garçons ne parlent que des filles”… J’ai animé aussi des retraites de fiancés. Ce furent les moments les plus intenses de ma vie. J’aimais voir retentir sur eux la beauté de certains textes de notre littérature qui mettent en valeur la relation amoureuse. J’aimais leur chanter le poème d’Aragon “Que serais-je sans Toi ?...” (1)

Je parle aussi à partir de ma vie avant l’ordination. Trente années. Comme vous le savez bien les années d’enfance et de jeunesse comptent double ou triple. Ce sont nos racines. Je pourrai parler de mon séjour intra utérin. Neuf mois à ne faire qu’un avec une femme, ce n’est pas rien. Ensuite, deux ans dans les bras d’une autre femme une nourrice espagnole. Ensuite quatre ans avec ma grand-mère, artiste peintre qui m’initiait à la beauté. Ensuite des maitresses d’école et des cheftaines de louveteaux que j’ai vénérées. J’ai vécu des années comme un jumeau de mon unique sœur et je ne parle pas de la place incomparable d’une mère dans le cœur d’un fils.
Durant ma jeunesse, j’ai cultivé un nombre assez étonnant d’amitiés féminines. Vingt à trente pages par mois de correspondance… Je ne me lassais pas d’accueillir ces “voix de femmes” qui m’ouvraient à une autre dimension. “La femme est la sentinelle de l’invisible”. (Jean-Paul II)
 Je crois que les valeurs féminines prendront de plus en plus de place et qu’elles sauveront la planète.

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