CONFERENCE DE STAN ROUGIER AU FORUM D’AIX-LES-BAINS
« VOIX DE FEMMES » le 9 novembre 2009
Dans ce concert de “voix de femmes” il m’est demandé de faire retentir une voix d’homme. Je parle à partir de milliers de rencontres avec des milliers de femmes sur les cinq continents. Je parle à partir des saintes écritures d’une religion qui fut peut-être la vôtre et qui pour certaines l’est encore.
Le fil rouge des mes propos tient dans une phrase de la première page de la Bible “Dieu fit l’homme à Son image, Homme et Femme Il le fit” (Gen. 1.27). Ni le masculin ni le féminin suffisent à dire Dieu. Le Dieu qui Se révèle dans les Evangiles est une communion : l’aimant - l’aimé - l’amour. Enlevez un seul des trois et ce n’est plus le Dieu des Evangiles.
L’homme seul n’est pas l’image de Dieu. La femme seule non plus. C’est leur rencontre qui exprime l’Etre divin. Au commencement était l’Amour. L’Univers est né d’un débordement de la joie divine.
Dans la religion hindoue, dans la Brihad Aranyaka Upanishad il est écrit : “Au commencement était le Brahman. Il était seul et en éprouva de l’angoisse. Il devint comme un couple tendrement enlacé. De cette union naquirent les humains.” Si vous allez dans certains temples comme à Kadjurao dans l’Inde du Nord vous verrez des statues de couples par milliers. Ces couples disent l’étoffe de l’Absolu : la rencontre amoureuse.
La différence entre l’homme et la femme est une différence fondamentale. Elle existe en vue de la communion. Les premières pages de la Bible, en évoquant la création disent l’émerveillement de Dieu : Pour la lune, les étoiles, les plantes, les animaux, “Dieu vit que cela était magnifique ( tob)”. Pour le couple il y a un superlatif : deux fois magnifique. Adam, lui aussi, est émerveillé. Eve ; “la Vivante” est née de son rêve. Ni fusion, ni domination. Bientôt la rupture d’avec Dieu entraîne la guerre dans le couple. Le règne du Tout à l’égo gâche le dialogue. Dieu vient sur Terre pour nous aider à retrouver l’unité perdue. Il s’agit de reconnaître que l’autre est doublement autre. Il est autre comme “autrui” et il l’est comme sexué différemment. Cette reconnaissance, cet amour rendu visible, est pour chacun l’œuvre de toute une vie. Il convient de découvrir le génie propre de l’autre. “L’homme est celui qui définit, discrimine, ordonne, délimite. Il s’affirme aux dépens des forces féminines de réceptivité et de souplesse, les forces de fusion qui effacent les frontières, les énergies féminines qui dans le secret portent, protègent, transforment.” (Graf Durkheim)